Diner's Room

 

De retour et de passage

Mes bons lecteurs ont dû connaître la même surprise que moi lorsque par une fraîche matinée d'avril, Diner's room a subitement disparu.

Sans avertissement, sans motif, sans rien d'autre qu'une erreur 403 : accès refusé. J'imagine leur surprise. Qu'ils devinent ma détresse. C'est que je n'en pouvais mais.

Il s'est avéré que certains scripts statistiques — Ah, vanité... — étaient prohibé par mon hébergeur. En guise de sanction, l'accès à mes pages a été bloqué. Pour le rétablir, j'ai dû m'engager à nettoyer la cuisine et ses dépendances, qui, je dois en convenir, fleuraient davantage les écuries d'Augias que les parfums de Cythère.

Mais c'était sans compter sur mes piètres compétences. Le temps fuyait lors que je m'efforçais de faire ce que l'on attendait de moi — sous la vigilance patricienne et mutique de l'administrateur compétent.

Or, j'avais dans les marmites un très long entretien réalisé avec Julien Dray qui arrivait à température. La date de publication prévue approchant, je me suis résolu à changer de crèmerie — comme on dit chez les ménagères.

J'espérais que vous, mes bons lecteurs, ne céderiez pas au désarroi et pisteriez ma trace. Certains l'ont fait, et mes bons amis m'ont secouru. Je fis publicité de mon nouvel établissement sur facebook et via twitter. Et puis, il y avait lieu-commun.org.

Bref, me voici désormais sur http://dinersroom.fr[1].

La peinture est encore fraîche et on refait les plâtres. Mais les fondations sont là, et elles sont saines. Les mets sont servis comme hier, et on a même rapatrié les anciennes recettes avec force manipulation de bases de données. Ça prend du temps, ces petites choses là.

Il en résulte que ces pages-ci sont promises à la disparition. D'ici quelques semaines, le temps que chacun s'habitue à la nouvelle maison. Pendant ce temps, tous les commentaires sont fermés. Mais vous pouvez retrouver tous les billets qui vous ont lu ici et vous exprimer à l'envi à la nouvelle adresse.

Sous ce billet, même, dont je tire un petit frère en lieu et place de la chronique de mon installation.

Toute suggestion et conseil, joie ou regret, sera accueilli avec la joie des retrouvailles.



Notes

[1] Bon, encore aujourd'hui http://dinersroom.eu. Mais les choses se normaliseront.

Sur le gang des barbares, l'art du préjugé, celui de l'information

Philippe Bilger peut remercier Laurent Joffrin. Il lui épargne bien des peines. Y compris celui de se creuser le crâne pour quelques semaines.

La Cour et les jurés, de même, devraient être déchargés de leur mission, puisqu'il n'ont plus à s'interroger sur les causes et mobiles du décès d'Ilan Halimi. Pour ne rien dire de la défense, qui peut ranger ses arguments.

Ainsi en à jugé Laurent Joffrin dans un éditorial du mardi 19 mai :

Il faut d’abord se débarrasser d’une fable : l’assassinat d’Ilan Halimi ne serait pas vraiment antisémite.

Et plus loin :

Ilan Halimi a bien été enlevé, séquestré, torturé, assassiné, parce qu’il était juif.

En effet, comme c'est là l'un des enjeux du procès, il convient de se prononcer sans en attendre l'issue.

Hors cette indifférence à l'oeuvre de la justice, le propos de Laurent Joffrin heurte la rigueur du droit, les principes du procès équitable, et la déontologie journalistique.

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Deux ou trois problèmes dans la proposition de loi sur l'inceste

Une proposition de loi visant à identifier, prévenir, détecter et lutter contre l’inceste sur les mineurs et à améliorer l’accompagnement médical et social des victimes vient en discussion ce jour à l'assemblée nationale.

Il ne s'agit pas, comme pourrait le laisser croire une lecture rapide, de pénaliser tout acte incestueux, mais d'inscrire une qualification nouvelle au sein des agressions commises sur un mineur.

C'est que l'inceste, en tant que tel, s'entend des relations entre membres d'une même famille. Mineurs ou majeurs. Pour être réprouvés par la société cependant, ils ne font pas l'objet d'autre sanction que l'interdiction de nouer un lien de droit — comme le mariage ou le PACS, ou d'établir une filiation incestueuse.

La proposition a pour objet d'identifier l'inceste comme une cause d'aggravation spécifique des agressions sexuelles.

— Tel n'est-il pas le cas aujourd'hui ?

Si fait, mais pas de façon autonome.

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XXXIe république des blogs : Spéciale européennes

Et oui, nous sommes en campagne.

Et oui, le Modem aussi.

C'est pourquoi la République des blogs et ses partenaires de Touteleurope.fr recevront Jean-François Kahn, tête de liste pour le Modem dans le Grand Est ce mercredi 29 avril 2009.

jfk

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Rachida Dati ou la désinvolture heureuse

En janvier de cette année le Président Sarkozy a présenté la candidature de Rachida Dati — entre autres — aux élections européennes en ces termes :

— Voilà comment la France devient influente en Europe, en envoyant les meilleurs au Parlement européen et en s'abstenant de critiques démagogiques sur la Commission européenne !

Une illustration de cet engagement a été donné hier par le ministre de la justice.

— Alors, je récite, 77% de notre énergie provient du nucléaire, c'est ça ? Ah électricité ? On m'avait dit énergie…

Il s'agissait d'une Convention sur l'Europe organisée par les jeunes UMP. C'est pourquoi, du côté de Michel Barnier, on fait valoir le côté "décontracté" de l'ambiance.

Certes, mais si la décontraction consiste à jouer les cancres ou s'enorgueillir de son ignorance, il y a de quoi s'interroger sur les critères de la méritocratie en République Sarkozienne.

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Affaire Tati/Tautou : la loi Évin, c'est pas du chiqué

Que la société Metrobus de la RATP coupe la pipe de Jacques Tati et refuse d'exposer la cigarette d'Audrey Tautou sur une affiche de film a pu apparaître comme une application exagérément rigide de la loi dite "Évin" — du nom du ministre qui apposa sa signature sur le projet de loi.

J'eus applaudi sans réserve un tel souci de la légalité. Après tout, les lois sont là pour être appliquées, non pas au gré des circonstances, mais de façon aveugle et générale.

Et si elles viennent à briser quelque porcelaine, il faut blâmer celui qui, au nom d'une juste colère, n'a pas pris le soin de s'intéresser aux conséquences lointaines de son œuvre. Bref, le juge ou le citoyen n'a pas a rattraper l'incurie du législateur en mesurant son respect de la loi.

Il n'en va cependant pas ainsi, en l'occurrence.

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Les excuses controversées de Ségolène Royal : sous l'écume, les abysses

Évidemment, on peut se gausser de l'exploitation par Ségolène Royal des maladresses présidentielles. Ou s'en affliger.

De même que l'on peut se laisser aller à l'ironie devant le niveau du débat public offert par cet épisode. Ou le déplorer.

Mais il y a peut-être davantage.

La furie qui inspire les réponses de l'UMP — la palme revenant encore une fois à son indétrônable détenteur Frédéric Lefebvre — montre que la flèche blesse plus qu'elle n'agace.

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Classe mondiale

Le Président Sarkozy a bien fait.

Car c'est une excellente idée que de répandre sa condescendance sur ses homologues internationaux devant des parlementaires de tout bord.

D'abord, on est tout à fait certain que les propos ne seront pas diffusés au delà du système solaire. Ensuite, on sait bien que les peuples et leur dirigeants goûtent toute leçon qui pourrait leur venir de France. En ces temps de turbulences économiques et financières, encore, il n'est pas inutile de faire passer des messages de volonté coopérative. Enfin, le Président devait renforcer l'image qu'il n'avait pas manqué de se construire depuis son arrivée sur la scène internationale.

Une démonstration magistrale des aptitudes du Chef de l'État, en quelque sorte.

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Valérie Létard a besoin de légiférer : pourquoi pas la misogynie ?

En ces temps de convulsion gouvernementale, il n'est sans doute pas inutile de se rappeler au souvenir du Président de la République, via l'opinion publique.

Valérie Létard s'est ainsi emparée de la polémique qui suit l'œuvre de l'auteur-interprète Orelsan subtilement intitulée, "Sale Pute". La secrétaire d'État à la solidarité a donc saisi le Procureur de la République afin de vérifier que les propos tenus dans ledit opus, ainsi que dans une autre — "J'aime pas la Saint-Valentin" — ne sont pas constitutifs d'une infraction pénale.

A défaut, fait-elle valoir, il conviendrait de — devinez donc — légiférer afin de "condamner l'apologie ou l'incitation au crime sexiste".

Rassurons tout de suite madame la ministre, ces textes existent.

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La danse des ministres et la valse des marionnettes

Il se murmure à grands bruits que la composition du gouvernement pourrait changer.

Bien sûr, l'affaire stimule les espoirs des intéressés et l'attention des observateurs. Sans qu'elle doive émouvoir l'opinion publique, qui ne peut y voir autre chose qu'une opération cosmétique ; l'une des façons, parmi tant d'autres, de ramener les regards sur la geste présidentielle.

Pourtant, le changement de ministres, en République quinquénale, devrait susciter plus d'intérêt.

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Vous vous désintéressez de l'Europe ? L'Europe s'intéresse à vous

Tout du moins, la Fondation pour l'Innovation Politique, qui diligente un sondage sur les attentes des européens face à leur parlement.

En marge de cette enquête confiée à TNS-Sofrès, vous pouvez répondre aux questions posées sur le site de la fondation.

A mon grand regret, je d'autre intérêt dans cette affaire que la curiosité de l'opinion publique sur le sujet.

Je n'ignore pas les biais de résultats recueillis auprès de personnes qui font l'effort de se rendre sur un site et d'accorder quelques minutes de leur temps à faire valoir leu intérêt pour l'Europe. Mais disons que cela servira à mesurer les écarts entre ceux qui ont un goût — ou un dégoût, mais en tous cas, pas d'indifférence — pour l'Union Européenne et la moyenne de la population.

Je fais confiance à l'Union Européenne, c'est pourquoi je ne voterai pas aux élections européennes

En substance, la synthèse de deux sondages à paraître.

On apprends dans le premier que 59% des français font confiance à l'Union Européenne pour "réduire l'impact de la crise en France" ; devant le Président Sarkozy qui ne bénéficie que de son socle habituel de 42%.

Mais voilà qu'une enquête diligentée par la commission européenne montre un désintérêt massif des européens — et parmi eux des français — pour les élections à venir. Un désintérêt qui concorde avec la baisse de l'indice de confiance des institutions européennes.

On peine à comprendre ce qui justifie de telles aberrations.

Sinon l'ignorance.

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Pourquoi le prétendu "délit de solidarité" va prospérer en 2009 ?

Ce que les adversaires du délit d'aide à l'entrée et au séjour des étrangers appellent "délit de solidarité" est prévu par l'article L. 622-1 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers — autrefois l'article 21 de l'ordonnance n°45-2658 du 2 novembre 1945 relative aux conditions d'entrée et de séjour des étrangers en France :

Toute personne qui aura, par aide directe ou indirecte, facilité ou tenté de faciliter l'entrée, la circulation ou le séjour irréguliers, d'un étranger en France sera punie d'un emprisonnement de cinq ans et d'une amende de 30 000 Euros.

Il sanctionne usuellement les situations dans lesquelles ont été fournis aux étrangers en situation irrégulière un logement, un travail, un moyen de circulation ou un mariage. Car le fait de se prêter à un mariage simulé peut caractériser le délit d'aide à l'entrée irrégulière.

Encore faut-il, cependant, que soit caractérisée l'intention délictueuse, ce qui suppose que l'auteur des faits connaissait le caractère irrégulier du séjour ou de la circulation de l'étranger. Autant dire que le bon samaritain qui cède à son penchant charitable, ignorant de toute autre chose que de la détresse humaine, ne risque guère de condamnation.

En revanche, il risque très certainement une interpellation. Et bien plus demain qu'hier.

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Hadopi victime de la ruse ou de la futilité ?

Le tour est pendable, mais il est bien troussé.

L'assemblée nationale a rejeté aujourd'hui le projet de loi création et Internet tel qu'il résultait du texte adopté en commission mixte paritaire.

Que s'est-il donc passé ?

Et bien l'opposition et le nouveau centre se trouvèrent majoritaires dans l'hémicycle — 19 contre 17 — et furent rejoints par Jean Dionis du Séjour et Nicolas Dupont-Aignan.

Comment se fait-il que les députés UMP aient échoué si lamentablement ?

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Temps de parole du Président de la République : qu'a dit le Conseil d'Etat ?

Parmi les reproches qui peuvent pleuvoir sur le Président Sarkozy, gageons que celui de mutisme serait teinté d'un nuage de mauvaise foi.

La lucidité impose de constater que le premier magistrat de France ne déteste pas s'exprimer sur tous les sujets et de toutes les manières. Il en est d'ailleurs pour lui prêter une certaine volubilité ; ce qui fait luire d'un certain éclat l'arrêt rendu en assemblée par le Conseil d'Etat ce mercredi 8 avril.

La haute juridiction était conduite à examiner une décision du 3 octobre 2007 du Conseil supérieur de l’audiovisuel sur le pluralisme dans l'audiovisuel. Celle-ci avait refusé que les interventions du Président de la République soient décomptées comme celles du gouvernement. La raison en était que le Président de la République ne s'exprime pour le compte d'une formation politique. Cette position faisait suite à un arrêt du Conseil d'État en date du 13 mai 2005.

C'est sur cette analyse qu'est revenu la haute juridiction administrative dans la présente décision. Mais non sans ambiguïté.

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