Cet article de Libération nous apprend en effet que Jack Lang laisse planer le doute sur ses intentions de vote lors de la session du Congrès à venir.

Et de fait, il hésite à revenir de Mykonos où il passe quelques jours de vacances.

Je tique.

C'est une chose que d'applaudir la revalorisation du rôle du Parlement opéré par la loi sur la modification des institutions. C'est est une autre que d'exercer dès aujourd'hui ses prérogatives de parlementaires.

L'assemblée nationale a travaillé ces derniers jours sur des textes importants. De la réforme du temps de travail aux droits des chômeurs, en passant par le surprenant droit d'accueil des élèves dans les écoles et la réforme des institutions elle-même. Il convenait peut-être de participer au labeur d'une assemblée que l'on aimerait voir plus présente dans l'élaboration du droit. Si enrichissante à tous égard la visite des ïles Cyclades peut-elle être, il ne me semble pas qu'elle serve la gloire du parlement.

Certes, objectera mon ami Autheuil, le fonctionnement du Parlement ne laisse guère de place à l'influence d'un parlementaire seul ; a fortiori s'il appartient à l'opposition.

Car le Parlement dispose aujourd'hui de prérogatives qui lui permettent d'exercer quelque contrôle sur l'action du Gouvernement. Et une bonne partie de l'affaiblissement des assemblées tient à leur timidité. Il faut convenir que l'établissement d'un lien de subordination entre le pouvoir exécutif et la majorité parlementaire — qui ne date pas d'aujourd'hui — ne favorise guère le plein exercice de ses pouvoirs par cette dernière.

Pour autant, il ne sert guère de se plaindre de l'indigence du pouvoir législatif lorsque l'on s'abstient d'exercer le rôle dont les électeurs vous investissent ; si minime puisse être ce rôle.

Car on peut faire croître le rôle des parlementaires à merci, cela ne changera pas grand chose s'il s'agit de ne point les exercer.

Et si l'on ne peut agir sur le jeu de ses adversaires parlementaires, il est toujours possible d'orienter celui de l'opposition.


D'où qu'on le prenne, l'action politique ne peut se satisfaire de l'impuissance. Et la retraite n'est certainement pas une démarche des plus engagée.

Tous les combats que l'on ne mène pas sont certainement des combats perdus.