Le parti socialiste va mal et il le sait
Par jules, dimanche 31 août 2008 à 14:38 - Commentaire de l'actualité politique - #943 - rss
Quelle signature le Parti socialiste appose-t-il à la traditionnelle université d'été de La Rochelle ?
— Pour une alternative crédible.
Je souligne ce qui sonne comme un aveu en creux. Car si le PS se donne comme projet de constituer une alternative "crédible", c'est bien qu'il ne se considère pas aujourd'hui comme tel.
Comment interpréter cet exercice de lucidité ?
Comme une forme d'auto-flagellation, d'abord.
Instruit de la considération dans laquelle le tient l'opinion publique, le Parti socialiste — du bout des lèvres — concède l'inanité de son projet politique. C'est une façon de faire allégeance au regard d'autrui.
Il n'est pas certain, cependant, qu'adopter pour soi-même le jugement d'autrui constitue la meilleure manière de l'infléchir. La lucidité est une chose ; l'abandon en est une autre.
De fait, les termes employés, tout en exprimant le but que vise le Parti socialiste, trahissent cruellement la modestie de son ambition.
S'agit-il de construire un projet politique ?
Sans doute — peut-être — mais par accessoire. Le principal réside dans la crédibilité.
Crédibilité du projet ou du Parti socialiste lui même, d'ailleurs ?
La formule maintient l'équivoque — à dessein peut-être.
Car, l'alternative peut se concevoir de l'équipe destinée à gouverner tout autant que de la politique qu'elle entend mettre en œuvre.
On sait que le Parti socialiste se débat dans des querelles de pouvoir d'une émouvante complexité. De marivaudages en jeux de scène rudimentaires, le spectacle donné n'incite pas à la confiance. Une future équipe gouvernementale doit donner le sentiment d'une cohésion, sinon amicale, du moins nécessaire. Et non pas celui de chamailleries puériles.
Si l'on ajoute à cela que chacun en appelle à l'unité pour soi-même, dénonçant avec plus ou moins de vigueur le jeu de la concurrence et regrettant les divisions, il serait surprenant que l'électorat manque de se forger une solide opinion sur l'état du Parti socialiste.
Admettons enfin que l'alternative vise le projet politique du Parti socialiste. Il s'agirait de rendre ce dernier crédible.
Cruel constat de l'état de la doctrine du Parti socialiste.
On peut adopter une lecture généreuse. Le défaut de crédibilité du Parti socialiste aurait résulté, jusqu'aujourd'hui, des écarts doctrinaux insurmontables et des apories qui en résultaient. A vouloir ménager, dans d'improbables synthèses, l'espoir révolutionnaire et la modération réformiste, les fondements de la démocratie libérale et l'ambition du progrès social, le Parti socialiste n'a cessé nourrir la confusion de l'électeur comme sa déception.
La crédibilité de l'alternative témoignerait constituerait une allusion à la profession sociale démocrate de l'an 2008 ; Allusion que la ciselure délicate de comité central conduit à l'évanescence, convenons-en.
Moins généreusement, on peut considérer que la signature trahit la déliquescence d'un projet politique si dépourvu de substance que le Parti lui-même admet ne plus pouvoir tromper l'électeur.
En ce cas, l'alternative crédible a les allures d'un espoir lointain ; une chimère, presque. Comme si la crédibilité constituait une sorte de Graal.
Bref, l'ambition du Parti socialiste semble hésiter entre lui-même et son projet politique, témoignant ainsi de son désarroi.
On ne saurait dire, au reste, à qui s'adresse la formule. Au Parti lui-même, comme un encouragement quelque peu désabusé. Au monde, comme une promesse emprunte de culpabilité.
Pour mémoire, voici les signatures des dernières universités d'été. On y mesurera — cruellement — l'originalité qu'il s'en évince. Mais — tout aussi cruellement, le rétrécissement des ambitions comme de l'horizon du Parti socialiste, qui semble réduite à lui-même.
2007 : Diagnostic pour la rénovation (constat d'obsolescence)
2006 : Réussir ensemble le changement (constat de désunion)
2005 : Combattre à droite, proposer à gauche (tautologie)
2003 et 2004 : Pas trouvés
2002 : Construire la Gauche du XXIème siècle (ambition)
2001 : 2002, le projet des socialistes (élections)
2000 : Ouvrir de nouveaux droits, réduire les inégalités (vague, mais non dénué de substance)



Commentaires
1. Le dimanche 31 août 2008 à 18:48, par Le Hibou
2. Le dimanche 31 août 2008 à 22:19, par Xiawi
3. Le lundi 1 septembre 2008 à 00:01, par Jérôme
4. Le lundi 1 septembre 2008 à 07:52, par Facultatif, coiffeur en ville
5. Le lundi 1 septembre 2008 à 11:04, par BiBi
6. Le lundi 1 septembre 2008 à 20:43, par basta cosi
7. Le mardi 2 septembre 2008 à 00:36, par oppossum
8. Le jeudi 4 septembre 2008 à 13:39, par pazmany jeune garde 87
Ajouter un commentaire
Les commentaires pour ce billet sont fermés.