L'image, en revanche, est bien présente. Si l'on veut s'intéresser au campus, il faudra en passer par la video. Que ce soit sur la webtv ou le prétendu blog, au reste, l'intervention du visiteur est circonscrite.

Le blog n'appelle pas aux commentaires ou aux propositions, mais à poser des "questions", qui seront adressées aux intervenants. Invitation scrupuleusement respectée[1]. Ce qui donne à l'exercice ce parfum de caramel de synthèse que diffusent les prétendues émissions radiophoniques ou télévisées qui en appellent au "débat" avec les auditeurs.

Il est d'ailleurs notable que le texte s'efface au profit de l'image.

La tendance était présente sur le site de campagne du Président Sarkozy. Elle se poursuit sur celui de l'Élysée. En page d'accueil, une video se lance automatiquement. Veut-on le texte d'un discours qu'il faudra aller fouiller. Sur les pages dédiées à l'université d'été de l'UMP, on ne trouve même plus d'écrit. Si ce ne sont les "grands débats" aux allures de slogan.

C'est une autre façon d'éreinter la politique que de faire disparaître le verbe derrière l'image animée. Car celle-ci fuit toujours lorsque le texte demeure.

C'est par souci de modernité que les jeunes pop' ont dédaigné le terme "d'université" pour celui de "campus". Un choix logique. Car l'on vaque sur le campus, alors qu'on étudie à l'université.

On peut sans doute reprocher au parti socialiste de peiner à faire émerger une doctrine. Que dire alors de l'entreprise de l'UMP pour faire disparaître toute doctrine ?


Pour finir, on s'amusera du discours prononcé par Christian Estrosi à l'ouverture du campus.

"Avec Patrick, avec Xavier, avec Nathalie (…) et tous les autres dirigeants, nous ne parlons toujours que d’unité, unité, unité"

On se rappelle avec quelle aménité le même Estrosi faisait l'éloge de la direction de l'UMP.

Certes, il est délectable, à l'UMP, d'ironiser sur la guerre des chefs au Parti socialiste.

Mais à tout prendre, ce n'est pas pire que la guerre des sous-chefs qui agite — frénétiquement — l'UMP.



Notes

[1] A l'UMP, le débat se limite à regarder les images ou poser des questions hautement séditieuses. Par exemple, à propos du grand débat "Autonomie des jeunes : coupons le cordon !", cette question adressée à Xavier Darcos : "Monsieur, combien de temps encore les français vont subir la désinformation, dénigrement, mensonge des journalistes de la radio ( France Culture et les autres, les guet-apens du Monsieur Bourdin de RMC) de chaines TV publique ( La 2,La 3, La 5…) et LCP avec ses scandaleuses émissions insultantes pour Monsieur le Président de la République."